
Marché Actions
Les mois se succèdent et ne ressemblent pas toujours. Après un mois de mars douloureux pour les investisseurs en actions, le mois d'avril est venu leur redonner le sourire (MSCI Europe NR +5.2%, MSCI USA NR +10.5%).
Un fragile cessez-le-feu dans le conflit au Moyen-Orient et de bonnes publications trimestrielles auront suffit à calmer les craintes, au moins temporairement.
Même si le soulagement domine, l’incertitude reste cependant proche de son zénith. L’Europe, dont la vulnérabilité à la hausse des prix de l’énergie est patente, est sous la menace d’un environnement cyclique moins porteur. C’est ce que révèle notre modélisation du cycle qui signale une bascule vers un environnement contracyclique pour la première fois depuis mars 2023. Aux États-Unis, le cycle reste porteur, mais les valorisations apparaissent élevées comparées aux standards historiques, d’autant plus que les taux longs se maintiennent à un haut niveau.
Dans un tel contexte, il ne serait pas étonnant de voir les indices initier une phase moins directionnelle lors des prochains mois.
Marché Convertibles et Crédit
L’environnement macroéconomique de mai a été marqué par une divergence croissante des trajectoires des banques centrales, dans un contexte de choc inflationniste commun. Aux États-Unis, la répercussion de la hausse des prix de l’énergie liée au conflit avec l’Iran a continué d’alimenter les pressions inflationnistes. L’indice des prix à la consommation (CPI) d’avril s’est établi à 3,8 % en glissement annuel, tandis que le déflateur PCE a progressé à 3,8 % sur un an (3,3 % pour le PCE sous-jacent), son plus haut niveau depuis 2023.
Les minutes du FOMC publiées en milieu de mois ont révélé qu’une majorité de ses membres considérait qu’une hausse de taux pourrait être nécessaire si l’inflation persistait. Dans la zone euro, l’inflation globale est repartie au-delà de 3 %, poussant la Banque centrale européenne à adopter un ton nettement plus restrictif. De son côté, la Banque du Japon était largement attendue pour relever ses taux lors de sa réunion du 16 juin.
Dans ce contexte de divergence des politiques monétaires, les marchés obligataires souverains ont évolué de manière contrastée, reflétant à la fois les différences de dynamique inflationniste et les flux vers les valeurs refuges. Aux États-Unis, les rendements obligataires ont progressé au cours du mois, la courbe des taux s’aplatissant sous l’effet d’une remontée plus marquée des taux courts à la suite des données d’inflation. Le rendement du Treasury américain à 2 ans a augmenté de 13 points de base à 4,01 %, tandis que celui du 10 ans progressait de 7 points de base à 4,44 %, réduisant l’écart entre les deux échéances d’environ 50 à 43 points de base.
À l’inverse, le rendement du Bund allemand à 10 ans a reculé de 10 points de base à 2,94 %, les anticipations de resserrement monétaire de la BCE étant déjà davantage intégrées par le marché. Par ailleurs, la demande de valeurs refuges de la part des investisseurs européens dans le contexte du conflit avec l’Iran a soutenu la partie longue de la courbe. L’écart de rendement entre les obligations américaines et allemandes à 10 ans s’est ainsi élargi à environ 150 points de base.
Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, consécutives au conflit avec l’Iran, ont maintenu les prix de l’énergie à des niveaux élevés. Le Brent s’échangeait autour de 93 dollars par baril à la fin du mois, alimentant une prime de risque stagflationniste sur les marchés obligataires mondiaux.
Malgré ces vents contraires, les actifs risqués ont enregistré une forte progression, portée principalement par la thématique de l’intelligence artificielle. Les marchés actions mondiaux ont réalisé un excellent mois, avec une hausse de 5,1 % du S&P 500 et de 4,9 % du MSCI World. Les valeurs liées aux semi-conducteurs ont été les principales contributrices à cette performance. SK Hynix a progressé de 63,4 %, soutenu par les tensions persistantes sur l’offre de mémoires HBM, tandis qu’AMD a gagné 43,1 % grâce à l’accélération de la demande en processeurs graphiques destinés aux centres de données.
Les marchés asiatiques fortement exposés à la technologie ont particulièrement bien performé, l’indice MSCI Asia Pacific atteignant de nouveaux sommets historiques. Les marchés sud-coréen et taïwanais ont été les principaux moteurs de cette progression, soutenus par la demande croissante de puces mémoire destinées à l’intelligence artificielle et par une croissance record des exportations.
Fonds Chahine :
Chahine Equity Europe Acc présente sur le mois de mai une performance de +4.7%, contre +3.2% pour le MSCI Europe NR. Depuis le début de l’année, le fonds affiche +16.0%, contre +7.5% pour son indice de référence.
Même si la bascule du fonds en régime contracyclique a fortement atténué l’exposition relative aux titres les plus cycliques, ceux-ci ont continué de très bien se comporter ce mois-ci et à fortement contribuer à la performance du fonds par rapport au marché. Le constat est similaire pour les petites et moyennes valeurs. Parmi les principaux contributeurs, on retrouve notamment des titres de l’industrie (Huber+Suhner, HOCHTIEF), de la consommation discrétionnaire (Salvatore Ferragamo, Asmodee) ou de la finance (IG Group, ABN Amro Bank). La poursuite du passage en mode contracyclique a influencé l’allocation du fonds ce mois-ci. Chahine Equity Europe est maintenant surpondéré dans la consommation discrétionnaire et les télécoms. Le fonds est principalement sous-pondéré dans l’industrie, les biens de consommation de base et l’énergie.
Le Royaume-Uni demeure la première exposition pays à 18.3%, devant la Suisse à 11.3% et l’Italie à 11.1% (première surpondération pays). L’Allemagne et la France sont maintenant les pays les plus sous-pondérés.
Chahine Equity Continental Europe Acc termine le mois de mai à +5.2%, devant le MSCI Europe ex UK NR à +4.0%. Depuis le début de l’année, le fonds affiche +14.9%, devant son indice de référence à +7.4%.
La bascule du fonds en régime contracyclique a fortement atténué l’exposition relative aux titres les plus cycliques (notamment les petites et moyennes valeurs), mais ceux-ci ont continué de très bien se comporter ce mois-ci et à fortement contribuer à la performance du fonds par rapport au marché. Parmi les principaux contributeurs, on retrouve notamment des titres de l’industrie (Huber+Suhner, Hexatronic), des matériaux (Umicore) ou de la technologie (Technoprobe, Bittium, AT&S).
La poursuite du passage en mode contracyclique a influencé l’allocation du fonds ce mois-ci. Chahine Equity Continental Europe est maintenant surpondéré dans la consommation discrétionnaire et les télécommunications. Le fonds est principalement sous-pondéré dans l’industrie.
La Suisse devient le premier pays du fonds à 14.4%, devant la France à 14.1% et l’Italie à 13.1%. L’Italie est le pays le plus surpondéré, et l’Allemagne et la France les plus sous-pondérés.
Chahine Equity Eurozone Acc affiche une performance +5.5% au mois de mai, contre +4.1% pour le MSCI EMU NR. Depuis le début de l’année, le fonds est à +16.2%, devant son indice de référence à +8.0%.
En mai, le fonds a pu compter sur son bon positionnement sectoriel, surpondérant la technologie et sous-pondérant l’énergie et l’industrie. À cela s’ajoute la bonne sélection de titres, en particulier sur le secteur de la technologie (AT&S, Jenoptik, Infineon). Les rebalancements effectués en mai ont été très fortement impacté par la bascule en régime contracyclique, diminuant la surpondération sur la technologie et sur les services aux collectivités, et renforçant les positions sur l’immobilier et la consommation discrétionnaire. Le secteur de l’immobilier devient la principale surpondération du fonds, devant la finance et la consommation discrétionnaire. Le fonds reste sous-pondéré dans les secteurs de l’industrie, de l’énergie et des matières premières.
L’Italie demeure la première pondération du fonds à 22.6%, suivie de la France à 21.8% et les Pays-Bas à 13.9%. L'Italie est le pays le plus surpondéré, et l’Allemagne le plus sous-pondéré.
Chahine Equity Europe Smaller Companies Acc termine le mois de mai à +5.5%, contre +4.0% pour le MSCI Europe Small Cap NR. Depuis le début de l’année, le fonds affiche une performance de +16.5%, devant son indice de référence à +8.7%.
Le fonds a pu compter en mai sur son bon positionnement, surpondérant le secteur de la technologie et sous-pondérant l’immobilier et l’énergie. De plus, la bonne sélection de titres, en particulier sur les secteurs de la technologie (Technoprobe, AT&S, 2CRSI, etc.), et de l’industrie (Tesmec, OHB, Koninklijke Heijmans, etc.) et des matières premières (Sotkamo Silver, Salzgitter, Viohalco, etc.). En mai, les rebalancements ont augmenté les positions dans l’immobilier, l’industrie et la consommation de base, et diminué les positions sur la finance, l’énergie et les matières premières.
Le fonds est toujours nettement sur-pondéré sur la finance, ainsi que sur la technologie, et il est sous-pondéré sur la santé et l’immobilier.
Le Royaume-Uni reste la principale exposition du portefeuille à 26.0%, devant la Suède à 13.7%, et la Suisse à 12.5%. L'Italie est le pays le plus surpondéré, et la France le plus sous-pondéré.
Chahine Equity US Acc USD a terminé à +8.4% en mai, contre +5.2% pour le MSCI USA NR et +3.7% pour le MSCI USA Small Cap NR. Depuis le début de l’année, le fonds est largement devant son indice de référence, avec une performance de +43.9% contre +10.9%.
Aux États-Unis c’est encore le secteur de la technologie, tiré par les valeurs liées à l’IA, qui a animé les marchés durant ce mois de mai. Le secteur affiche une performance de +16.1% ce mois-ci. Le fonds a donc naturellement bénéficié de sa surpondération sur ce secteur, mais également sur ses sous-pondérations dans les secteurs de l’énergie et des services de communications, ainsi que sur sa bonne sélection de tires, en particulier dans le secteur de l’industrie (Sterling Infrastructures, Heartland Express, Proto Labs, etc.).
Le rebalancement effectué en mai a été assez diversifié. Il a renforcé les secteurs de l’immobilier, et réduit ceux de la consommation discrétionnaire et de la santé.
Le fonds conserve une forte surpondération dans la technologie et la finance, ainsi que dans l’industrie. Les secteurs les plus sous-pondérés restent les médias, et les biens de consommation discrétionnaire et de base.
Fonds Dynasty :
Dynasty Global Convertibles Fund
Le mois de mai 2026 a été particulièrement dynamique pour le marché mondial des obligations convertibles, avec un volume d’émissions supérieur à 10 milliards de dollars en équivalent nominal. La principale tendance observée a été la convergence de deux facteurs structurels : d’une part, la hausse des coûts de financement traditionnels, qui incite les entreprises à privilégier les financements convertibles à coupon nul, et d’autre part, l’attrait des investisseurs pour des instruments offrant une exposition asymétrique au rallye des marchés porté par l’intelligence artificielle.
La région Asie-Pacifique a représenté la plus grande part des nouvelles émissions. En Chine, Midea Group a réalisé la plus importante opération du mois avec une émission en deux tranches à coupon zéro représentant un montant total de 2,2 milliards de dollars (17,2 milliards de dollars hongkongais). L’opération a été sursouscrite plusieurs fois et les primes de conversion, respectivement de 15 % et 37,5 %, ont témoigné de l’appétit des investisseurs pour des maturités longues. WuXi AppTec a suivi avec une émission à coupon zéro de 6,78 milliards de yuans (environ 1 milliard de dollars) à échéance 2027, tandis que China Hongqiao a également réalisé une opération importante au cours du mois.
Au Japon, JX Advanced Metals a levé 250 milliards de yens (1,6 milliard de dollars) au travers de deux tranches arrivant à échéance en 2029 et 2031. Cette transaction illustre une évolution structurelle du marché japonais, où la hausse des rendements obligataires traditionnels pousse de plus en plus d’émetteurs vers des solutions de financement indexées sur les actions. Aux États-Unis, la thématique des infrastructures liées à l’intelligence artificielle a donné lieu à deux opérations majeures. IREN Ltd, opérateur de centres de données spécialisés dans l’IA et partenaire de Microsoft, a levé 2 milliards de dollars via une émission de convertibles à échéance 2033 destinée à financer l’acquisition de processeurs Nvidia.
Akamai Technologies a quant à elle réalisé une émission en deux tranches de 3 milliards de dollars à coupon zéro, destinée à financer l’expansion de ses infrastructures cloud. Advanced Energy Industries a annoncé son intention d’émettre 1 milliard de dollars d’obligations convertibles à échéance 2031. En Europe, Rexel a lancé une émission de 400 millions d’euros à échéance 2031 destinée au financement de ses besoins généraux.
Du côté de la gestion du passif, Strategy (anciennement MicroStrategy) a racheté 1,5 milliard de dollars de ses obligations convertibles à échéance 2029 pour un montant d’environ 1,38 milliard de dollars en numéraire, réduisant ainsi son encours de dette convertible à 6,7 milliards de dollars. IAG a également lancé une opération de rachat de ses obligations convertibles de 825 millions d’euros arrivant à échéance en 2028.
Les performances du marché secondaire sont restées globalement favorables au cours du mois, soutenues par le fort rebond des actions technologiques et liées à l’intelligence artificielle. Les sociétés nouvellement émettrices ont enregistré des performances particulièrement remarquables : IREN a progressé de 39,2 % tandis qu’Akamai gagnait 44,0 %, illustrant le potentiel de participation à la hausse qu’offrent les obligations convertibles sur ces thématiques. La composante crédit des valorisations est également restée bien soutenue. Les spreads de crédit des émetteurs Investment Grade sont demeurés proches de leurs niveaux historiquement bas, malgré la volatilité des taux liée au conflit avec l’Iran, offrant ainsi un soutien important à la valeur obligataire intrinsèque des convertibles.
Au cours du mois, nous avons renforcé plusieurs positions de forte conviction, notamment Akamai, CoreWeave et Bloom Energy, afin de profiter de la dynamique de croissance liée à l’intelligence artificielle et aux infrastructures énergétiques décentralisées. À l’inverse, nous avons réduit notre sensibilité actions sur Western Digital et Snowflake afin de sécuriser une partie des gains réalisés. Nous avons également soldé notre position sur SK Hynix à la suite du rappel anticipé de son obligation convertible. La construction du portefeuille est restée centrée sur le maintien d’une sensibilité actions inférieure à 40 %, tout en préservant une qualité de crédit élevée, une duration courte et une exposition aux grandes tendances structurelles de long terme, notamment les infrastructures liées à l’intelligence artificielle et la production d’énergie décentralisée.
À la fin du mois, la sensibilité actions du fonds s’établissait à 39,97 %, la sensibilité crédit moyenne à 1,39 et la notation moyenne du portefeuille à BBB.